Inspiration

Rideau

Nous sommes en octobre 2020. Le rideau de fer de ce café est resté fermé depuis le confinement du mois de mars.

Nous sommes en octobre 2020. Le rideau de fer de ce café est resté fermé depuis le confinement du mois de mars. Il y avait plus de dix tables en terrasse. Ici, on est dans le Sud, il fait beau même en hiver. Je n’ai jamais vu les tables vides. Il n’y avait presque que des hommes dans ce café, réunis autour d’un expresso, d’une bière ou d’un verre de vin. Ce café n’est pas mon monde et d’ailleurs je changeais de trottoir quand je passais dans cette rue, pour ne pas sentir le regard des hommes scruter mon corps.

Pourtant j’ai envie de pleurer quand je vois ce rideau gris fermé définitivement. Car il y avait de la vie dans ce café à l’ancienne, qui laissait apercevoir une multitude de plantes vertes à travers ses fenêtres, ainsi qu’un vieux babyfoot. Ce café permettait à des gens de communiquer, échanger, se sentir vivant. Bien sûr certains clients auront trouvé d’autres endroits pour se retrouver. Mais pas tous. Certains hommes resteront chez eux, sombrant peut-être dans l’isolement, la dépression ou l’alcoolisme.

Je pense aussi aux gérants du café. A des dizaines d’années de travail évaporées en quelques semaines. Je pense à toi mon amie ma soeur, car tu es peut-être concernée aussi, gérante de restaurant, de salle de gym, membre du personnel soignant exténué ou autre.

Tu sais, je crois fermement à l’intelligence des gens, malgré les apparences. Comme j’en parlais en direct dernièrement, l’intelligence n’a rien à voir avec le nombre d’années d’études ni les diplômes. Je sais aussi que la peur est un poison. Nous avons besoin de compassion les unes les autres, surtout pour celles qui ont peur. Je pense à toi et si tu souffres je veux être là à ma façon, en continuant de partager, en étant présente pour les directs même quand je suis fatiguée, en te parlant de choses graves ou légères, en t’inspirant à mettre de jolies couleurs dans ton assiette et à prendre soin de ton corps. Et de ton coeur mon amie ma soeur.

En outre, je veux croire au bien. Je veux croire que le bien finira par gagner. Parfois je t’avoue que je doute. Mais il faut toujours y croire mon amie ma soeur. Il faut toujours incarner ses valeurs et avancer malgré la peur.

Oui je suis persuadée qu’il y aura un jour un grand procès contre ceux qui ont permis, voire voulu, ce désastre, mais ce sera trop tard.

Que reste-t-il alors ? La résilience pour surmonter. La résilience.

Qu'en penses-tu mon amie ma soeur ?

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