Je veux pas être une bobonne ! – Série Enfants et féminité Ep. 3

Je veux pas être une bobonne ! - Série Enfants et féminité Ep. 3

J’étais invitée par cet homme un jour, pour la première fois. Je portais une robe magnifique rose poudré. Je me souviens même du café dans le nord de Paris et de la grande statue au pied des escaliers en colimaçon.

Je pensais que j’étais amoureuse de cet homme, jusqu’à ce qu’il me dise : « Je te vois comme la mère de mes enfants« . Aie. Une mère? Pourquoi pas une épouse avant cela ? Une femme tout simplement ? Belle et sensuelle avant d’être nourrissante et apaisante pour des enfants ?

Je n’ai jamais réussi à vraiment rallumer l’étincelle pour lui. Peut être que j’ai eu tort ou que j’ai manqué une belle chose. Je ne le pense plus du tout. Tout ce qui est fait pour moi est attiré par moi de toute façon, comme l’explique si bien @nataliethebeliever sur Instagram.

Mon erreur fût de penser que je n’étais pas assez en tant que femme, d’imaginer que ma valeur en tant qu’être humain serait améliorée par le fait d’enfanter.

Quelques années ensuite, la tâche fût aisée pour le manipulateur de me convaincre que je serais une meilleure personne si j’avais des enfants.

Aujourd’hui j’ai deux magnifiques enfants que j’adore et je n’ai plus de peine pour ce qui s’est passé.

Toutefois, je ne veux pas être une bobonne. J’ai toujours rêvé d’être vraiment appréciée en tant que femme.

Ma vie de maman qui travaille en élevant ses enfants seule me fait facilement glisser vers des tenues de bobonne, des joggings et des vieilles baskets pour faire le ménage et le jardin.

Peut être est-ce la raison pour laquelle j’avais les larmes aux yeux lorsqu’une voisine m’a offert des vêtements trop petits pour elle. Me voilà redevenue femme, toute de blanc vêtue comme j’aime, devant l’immense miroir de ma salle de bain. J’ai envoyé des photos à cette femme. J’étais si reconnaissante.

En outre, je suis consciente qu’en désirant être une femme selon ma définition personnelle, je suis également une meilleure maman pour mes enfants en définitive.

 

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La leçon qu’être mère m’a apprise #contrôle – Série Enfants et féminité Ep. 2

La leçon qu'être mère m'a apprise #contrôle - Série Enfants et féminité Ep. 2

Il est impossible d’être une maman en voulant contrôler les choses. C’est tout. C’est juste impossible.

Mes enfants m’ont appris ce que des maîtres spirituels enseignent dans des ashrams en Inde : le lâcher-prise 😉

Je recommande vivement la lecture du livre L’adolescence autrement de Catherine Dumonteil-Kremer.

Se sentir lourde de responsabilités – Série Enfants et féminité Ep. 1

Se sentir lourde de responsabilités - Série Enfants et féminité Ep. 1

La nuit dernière j’ai fait un cauchemar terrible, l’un de ceux qui nous amènent à être pleine de gratitude au réveil lorsque nous réalisons que notre vie est bien là, autour de nous et comme avant.

La protagoniste principale avait les traits d’une ancienne collègue, une avocate junior qui détestait le métier et cherchait un moyen de se réorienter professionnellement vers quelque chose de plus artistique. Elle n’était pas méchante, au contraire. Elle me faisait rire car elle admirait tout le temps mon énergie au travail, elle qui n’avait pas d’enfants à s’occuper en plus quand elle rentrait du cabinet le soir.

Or dans ce mauvais rêve, elle incarnait une personne généreuse qui avait proposé de m’héberger avec les enfants pendant quatre jours, le temps que j’organise mon déménagement. J’avais été touchée par son geste, et aussi bien sûr soulagée car cela est un vrai casse-tête logistique de revenir en France après avoir vécu un an à l’étranger.

Pourtant au bout de quatre jours, elle se met en colère en me demandant de partir. Elle brandit une paire de ciseaux comme pour me poignarder en me demandant de lui donner 800 euros pour le dédommagement. Mais je n’ai pas 800 euros ! Je viens de remplir ma déclaration d’impôts en ayant calculé que ce que j’ai gagné en un an équivaut à vingt fois moins que les rémunérations qui m’avaient été proposées lors d’entretiens d’embauche après avoir obtenu mes diplômes.

Alors oui, dans mon cauchemar je suis tétanisée et surtout très inquiète car je ressens toute la lourdeur d’un mouvement avec deux enfants. On ne déménage pas avec deux enfants comme avec un seul. Je ne peux pas aider à porter quatre valises par exemple. Je n’ai que deux mains, pas encore de logement ni de voiture.

Lorsque dans un entretien, Jacques Salomé prévoit que dans plusieurs décennies, les femmes ne feront plus d’enfants car l’abnégation requise est trop forte, je sais qu’il ne parle même pas des femmes qui élèvent leurs enfants seules.

Or j’ai la pleine responsabilité de mes enfants depuis plus de dix ans maintenant. Depuis leur naissance, c’est à moi que toutes les décisions incombaient. Aujourd’hui mes épaules sont un peu lasses de fatigue.

Oui j’ai l’impression d’être fatiguée, même si j’ai du mal à me l’avouer car j’aime être dans l’action, faire toujours plus de choses, vivre la vie à fond. En même temps, je dois avouer qu’il existe au fond de moi la sensation de ne pas avoir vécu pendant plus de dix ans.

Pourtant je n’ai pas de regrets, non vraiment. J’ai déjà du mal à supporter la douleur de mes proches, alors celle de mes enfants m’est totalement insupportable. C’est vrai, j’ai abandonné ma carrière professionnelle d’avocat en droit financier, malgré ma réussite universitaire et ma passion pour cette matière. Peut-être aussi malgré ma passion pour les autres. Ce que j’ai toujours aimé le plus dans le travail est le rapport à l’autre, le sentiment de faire partie d’une équipe et de travailler ensemble à un but commun. J’ai toujours énormément apprécié également ces instants qui ne comptent pas vraiment, une discussion tout à coup très profonde autour de la machine à café, ou une rencontre éphémère avec une personne en CDD ou une stagiaire, qui pendant quelques mois travaillent avec nous sur un projet en nous apportant bien plus que cela. Un peu de découverte de soi même dans le fait de côtoyer une personne différente et intéressante.

Aujourd’hui j’habite en Afrique et je me délecte de ce soleil, omniprésent et rassurant. Pourtant j’en arrive au constat que cette vie n’est pas faite pour moi car je n’ai presque pas de contacts avec d’autres adultes. Je suis toute entière dévouée à mes enfants et à l’entretien de la maison. J’aime cette tranquillité mais elle est trop extrême. J’ai besoin de parler, d’échanger, de rire de choses d’adultes pour me sentir bien.

Tu vas me dire mon amie ma sœur, « Mais tu as fait un sacré sacrifice pour tes enfants !« . A première vue, il est possible que cet abandon de carrière ressorte du sacrifice, oui c’est vrai. Toutefois, je me dis que l’Univers, Dieu, la vie, m’apporteront une sorte de compensation pour cela. Pas une récompense mais un bienfait caché, qui saura éclore de la situation présente au bon moment, en déployant toutes ses opportunités et ses joies.

Ainsi, je te l’avoue, j’aime travailler et je continuerais de le faire même si j’avais gagné au loto. En effet, je suis passionnée par mon travail, donner des cours, écrire des livres et faire des vidéos. En outre, je crois beaucoup dans l’hygiène de vie personnelle, dans cette routine que l’on s’impose et qui permet de nous faire offrir aux autres le meilleur de nous-mêmes.

Ce qui me fait rêver aujourd’hui, c’est l’image d’une personne bienveillante, à l’opposé de mon cauchemar. J’ai l’image d’une femme ou d’un homme, qui aurait une grande maison et qui me dirait : « Viens habiter avec moi Claire, tu travailleras pour payer ta nourriture et toutes tes dépenses, mais au moins tu n’auras pas le loyer en plus. Tu pourras travailler l’esprit tranquille grâce à internet, en étant présente pour tes enfants« .

Aujourd’hui j’ai envie de te dire mon amie ma sœur que tu n’es pas seule à te poser des questions sur ta vie de femme et ta vie de mère, sur le fait de travailler pour payer son loyer en oubliant de vivre.