Mon amie japonaise ou chronique de la #violenceconjugale ordinaire

Mon amie japonaise ou chronique de la #violenceconjugale ordinaire

Mon amie japonaise avait sûrement des rêves d’évasion et de prince charmant lorsqu’elle était enfant, dans ce petit village de pêcheurs au Japon.

En se mariant avec ce bel et généreux irlandais, elle disait oui à une nouvelle vie, plus belle.

Elle habitait dans une grande et belle maison et sa fille de 4 ans était amie avec la mienne. Sa maison était si propre et bien rangée. Chaque soir, un délicieux plat japonais attendait son mari sur la table. Il donnait même des cours de tennis à leur fille. Cerise sur le gâteau, elle n’avait pas à aller travailler hors de la maison pour subvenir aux besoins de ses enfants.

Le rêve ? ou le cauchemar.

Mon amie japonaise ne pouvait travailler en Angleterre car son niveau d’anglais n’était pas suffisant. Or si son rêve était de prendre des cours, son mari le lui interdisait.

Sa belle maison de rêve ? C’était à elle de la nettoyer, en plus de s’occuper des deux enfants et d’être enceinte d’un troisième bébé.

Le tennis ? Sa fille de 4 ans détestait le tennis et son père la forçait à en faire plusieurs fois par semaine.

Sa famille ? Ses parents ne pouvaient venir la voir depuis le Japon.

Elle était coincée. Derrière sa douceur, il y avait de la peine.

Dans ses grands yeux noirs, on plongeait facilement dans les abîmes du chagrin et de la résignation.

Je ne t’oublierai jamais mon amie japonaise. Je sais que tu as eu la délicatesse de ne rien me dire.

Je ne peux penser à toi sans avoir les larmes aux yeux et la gorge serrée. Je me sentais si impuissante devant ta situation, toute empêtrée que j’étais dans la mienne.

J’ai écrit mon livre pour toi aussi. Le noeud de la spirale. Tu es moi et je suis toi. Je te comprends. J’aurais voulu faire quelque chose. Alors je le fais pour la communauté de toutes les femmes.

Pour toi. Pour mon amie japonaise.

 

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